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Le triangle Sacré


La véritable Histoire du

"CHEMIN DES DAMES"

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Jacques MICHEL

4, rue des Cordeliers

O2200 SOISSONS

Tel.: 06 15 16 49 59

  

  

  


De la Préhistoire à nos jours

Reims qui vous accueille plonge ses racines dans le plus lointain des passés. Ville deux fois millénaire, elle a conservé des trésors qui témoignent des riches heures et des moments sombres que l’ancienne cité du sacre des rois de France a traversés au cours des siècles. Chef-lieu d’arrondissement depuis la Révolution française, siège d’un archevêché, d’une académie, d’une université et d’une cour d’appel, Reims est une ville de 191325 habitants en pleine expansion, dynamique et accueillante où il fait bon vivre.


Autrefois capitale de la tribue gauloise des Rèmes qui choisit dès 58 avant notre ère de s'allier à Jules César, la ville devient après la conquête romaine la capitale de la province de Belgique sous le nom de Durocortorum et le lieu de résidence d'un gouverneur romain. Reims, située au coeur d’un réseau routier de première importance, se développe rapidement et prend peu à peu l'aspect d'une cité romaine peuplée d’environ 40000 habitants. Elle possède alors son forum, centre politique, économique, religieux et financier de la cité dont on peut admirer aujourd'hui encore le cryptoportique en forme de U – l’un des rares à avoir été conservé – servant sans doute autrefois au stockage des céréales destinées aux légions romaines. La porte de Mars, ancien arc de triomphe édifié autour de l’an 200, témoigne de la grandeur de la cité antique de Reims devenue à cette époque centre administratif, commercial et artisanal majeur.


Située au carrefour de routes stratégiques, Reims voit sa fonction militaire s’accroître avec, à partir du 3e siècle, les invasions barbares qui entraînent le déclin de la ville, son repli sur elle-même et la construction au Bas-Empire d’une enceinte fortifiée. Assez vite christianisée, la ville se dote d’une église mère à laquelle succède vers l’an 400 une basilique dont l’évêque saint Nicaise fait sa cathédrale et où il sera décapité en 407 par les Vandales.


A la fin du 5e siècle, le roi des Francs Clovis, remportant la victoire de Tolbiac sur les Alamans, renie ses dieux païens, fait le vœux de se convertir à la religion catholique et se fait baptiser avec plusieurs milliers de ses guerriers par saint Remi, évêque de Reims. Cet événement conforte la ville dans une vocation religieuse de tout premier plan et est à l'origine de la tradition des sacres royaux dont le premier est célébré en octobre 816 au profit de l’empereur Louis 1er le Pieux. Reims, dès le début du Moyen Age, se couvre d’édifices religieux et en possède près d’une trentaine à l’époque carolingienne parmi lesquels celui qui deviendra plus tard la basilique Saint Remi élevée sur les lieux de la sépulture du saint évêque. Siège d’un archevêché, Reims voit sa cathédrale autrefois édifiée par saint Nicaise remplacée en 862 par une seconde cathédrale, édifice ravagé par les flammes en 1210 et remplacé à partir de 1211 par l’actuelle cathédrale Notre-Dame, véritable chef d'œuvre de l'apogée du second art gothique inscrit en 1991 avec la basilique Saint Remi, le palais archiépiscopal et l'abbaye Saint Remi au Patrimoine mondial par l'Unesco. Marquée par la personnalité de ses archevêques, Reims se dote au 9e siècle d’un scriptorium de renom puis d’une école sous les épiscopats respectifs d’Ebbon et d’Hincmar tandis que Foulques, Adalbéron et Gerbert confortent Reims en tant que centre intellectuel de tout premier plan. Non seulement détenteurs de pouvoirs spirituels mais également de pouvoirs temporels, ces archevêques sont des personnages qui comptent parmi les plus influents de leur époque et l’un de leurs successeurs se verra contraint en 1182 d’accorder à la ville la charte de franchise que ses sujets lui réclament.


Au fil des siècles, Reims conforte sa place de capitale de la légitimité monarchique et une trentaine de sacres vont s’y dérouler qui conféreront jusqu'à sa fin au début du 19e siècle – en 1825 pour le sacre du roi Charles X – un prestige inégalé à la monarchie française. Le moment fort de la cérémonie est l’onction du roi à l’aide de saint chrême et d’un peu de baume desséché extrait de la sainte ampoule apportée autrefois par la colombe du Saint-Esprit lors du baptême du roi Clovis.


Alors que le 13e siècle voit l’essor des ordres mendiants qui investissent l’espace urbain, Reims se transforme en une ville marchande qui prospère et dont l’économie est avant tout basée sur le textile et le commerce des prestigieuses foires de Champagne. La ville s’étend et ses 20000 habitants se protégent derrière une nouvelle enceinte achevée en 1358. Mais le Moyen Age amène son lot de crises et le marasme du textile, le déclin des foires de Champagne, la Peste noire qui fauche d’août à octobre 1349 un tiers de la population et la guerre de Cent Ans conduisent à un nouveau déclin de la cité. Après l’éclatante épopée de Jeanne d’Arc, Notre-Dame accueille le 17 juillet 1429 le roi Charles VII qui y est sacré.


Marqué par la personnalité de son archevêque le cardinal de Lorraine – poète, parfait rhéteur et avant-gardiste de la contre-réforme catholique – le milieu du 16e siècle voit Reims se doter d’une université et devenir l’une des principales villes d’imprimerie du royaume. A la fin du siècle la ville, capitale de la Ligue, s’oppose à Henri III et à Henri IV contraint d’être sacré à Chartres. En 1684, saint Jean-Baptiste de La Salle fonde l’institut des Frères des écoles chrétiennes spécialisé dans l’enseignement prodigué aux petits et aux pauvres, à une époque où sont édifiés de grands ensembles architecturaux parmi lesquels l'hôtel de ville ou l’ancien collège des Jésuites. Sous la direction de la bourgeoisie qui tient les rênes de la ville – et dont la plus célèbre famille est celle des Colbert – Reims se transforme au 18e siècle et connaît de nombreuses opérations d’urbanisme parmi lesquelles la plantation des Promenades ou l’édification de la place Royale dédiée à Louis XV. Reims se tourne alors résolument vers la production et le commerce du champagne avec la création des premières « maisons de champagne ». Avec près de 30000 habitants en 1789, Reims a profondément changé et n’est plus la capitale religieuse du Moyen Age, évolution à laquelle la Révolution française met un point final avec la suppression des ordres religieux, la vente des biens de l’Eglise puis les outrages irrémédiables provoqués aux bâtiments et au mobilier des églises même si, dans ce contexte, Saint Remi et Notre-Dame de Reims sont relativement épargnées.


Malgré le simple rang de sous-préfecture donné à la ville par le nouveau régime, Reims connaît avec l’Empire une prospérité économique nouvelle fondée sur le champagne, boisson de l’Europe napoléonienne et l’installation des premières manufactures modernes. Dernière victoire de Napoléon 1er remportée le 13 mars 1814 bientôt suivie par l’occupation des Russes, Reims connaît en 1825, pour la dernière fois, les fastes de la monarchie avec le sacre du roi Charles X. Forte de l’industrie du champagne et de celle du textile, la ville connaît son apogée sous le second Empire et sort de ses remparts tandis que se développent les voies de communication : le canal de l’Aisne à la Marne en 1848 et la ligne de chemin de fer de Paris à Strasbourg via Epernay. L’implantation de grands magasins puis la diversification industrielle – avec la fabrication de bicyclettes, d’automobiles et d’aéroplanes à côté de la chimie, des engrais agricoles et de la verrerie notamment – apportent de nouvelles activités à la ville. Définitivement abandonnés, les remparts se muent en boulevards très vite bordés de riches hôtels particuliers. Peu avant la guerre, Reims devient l’un des berceaux de l’aéronautique civile et militaire mondiale avec le premier vol de ville à ville de l’histoire effectué par Henri Farman le 30 octobre 1908 et la tenue en août 1909 du premier meeting international d’aviation, manifestation suivie deux ans plus tard, en octobre et novembre 1911, du premier concours d’avions militaires qui permet à l’armée française de s’équiper de ses premiers appareils.


Pendant les quatre années que dure la Première Guerre mondiale, Reims, située à quelques kilomètres seulement du front, subit les bombardements incessants des Allemands stoppés par les forts bâtis après 1870 par le général Séré de Rivières, notamment celui de la Pompelle qui résiste héroïquement et permet à la ville de tenir pendant toute la guerre. Détruite à 99 %, Reims perd un nombre considérable de maisons, d'édifices civils et religieux. Le délabrement de la cité impose un vaste programme de reconstruction – certains des bâtiments sont reconstruits dans le style Art déco, comme la bibliothèque Carnegie – tandis que la cathédrale, incendiée le 19 septembre 1914 et ravagée tout au long du conflit par plusieurs centaines d’obus de gros calibre, nécessite vingt années d'une patiente restauration.


Relativement épargnée pendant la Seconde Guerre mondiale, Reims est choisie pour accueillir en 1944 le Suprem Headquarter Allied Expeditionnary Forces, le quartier général d’Eisenhower installé dans l’actuel lycée Roosevelt où est signée le 7 mai 1945 par le général Alfred Jodl, à 2 h 41, la reddition des forces armées allemandes, signature qui mettait fin aux combats sur le théâtre européen de la Seconde Guerre mondiale. Le 8 juillet 1962, Reims et sa cathédrale Notre-Dame sont choisies par le général de Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer pour sceller la réconciliation entre les deux peuples.

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